On lit souvent dans la littérature photo qu'il est très intéressant d' «exposer à droite» lorsqu'on photographie au format RAW.
Autrement dit, sur-exposer légèrement ses photos lors de la prise de vue, puis les exposer correctement lors du post-traitement (par exemple sous Lightroom).
Je voudrais vous faire partager une analogie qui permet d'expliquer les raisons de cette technique.
Un capteur numérique est un convertisseur analogique-numérique, c'est-à-dire qu’il traduit l’image qui pénètre par l’objectif en une information numérique, exploitable par les circuits électroniques de l’appareil photo et, plus largement, compatible avec le monde informatique (support de stockage, traitement d'image, diffusion,…).
Comme tout convertisseur, celui-ci va convertir les informations utiles, l'image, auxquelles vont s’ajouter des informations inutiles, ce qu'on appelle le bruit.
Pour utiliser pleinement les possibilités du capteur et obtenir la meilleure qualité d'image possible dans le fichier RAW, on peut faire l’analogie avec un enregistrement musical.
Lorsqu’on
enregistre
une
musique,
on
joue
avec
deux
notions,
le
gain
(volume
d'enregistrement)
et
la
distorsion.
Pour
illustrer
ces
deux
notions,
on
peut
se
rappeler
l’utilisation
du
vu-mètre,
qui
permet
de
régler
le
niveau
du
son
enregistré
sans
qu'il
atteigne
la
«zone
rouge»,
synonyme
de
distorsion.
Ainsi,
on
va
chercher
à
monter
le
gain
le
plus
possible
afin
d’avoir
la
meilleure
qualité
possible
du
son
enregistré.
Avec
ce
fonctionnement,
on
cherche
une
amplification
optimale
du
signal,
avec
le
moins
de
bruit
possible
(le
meilleur
rapport
S/B).
Si le gain n’est pas assez élevé à l’enregistrement, alors il faudra augmenter le volume lors de l’écoute. Dans ce cas, on amplifiera le son, mais aussi le bruit : le son peut alors se trouver fortement pollué par le bruit.
Par
ailleurs,
il
faudra
veiller
à
ne
pas
trop
monter
ce
gain,
car
on
risque
alors
de
générer
de
la
distorsion.
Dans
ce
cas,
le
signal
trop
fort
ne
peut
pas
être
traité
correctement
par
l’enregistreur
(le
signal
est
écrêté,
saturé)
et
ne
pourra
jamais
être
correctement
restitué
lors
de
l’écoute
ultérieure
(le
son
est
distordu).
En photo c’est pareil !
L’histogramme de l'appareil photo permet de contrôler l'exposition.
Si la photo est sous-exposée, les informations utiles de l'image sont mélangées avec du bruit. Lors du développement du fichier RAW, il va falloir augmenter l’exposition pour rattraper la sous-ex, ce qui aura pour effet de faire monter le niveau de bruit dans l’image, en particulier dans les basses lumières (teintes sombres).
Au contraire, si la photo est très sur-exposée, les hautes lumières (teintes claires) sont «brulées» (le capteur ne peut plus enregistrer d'informations supplémentaires : on a du blanc et rien que du blanc). Lors du développement du fichier RAW, il va falloir diminuer l’exposition pour rattraper la sur-ex, mais les informations écrêtées seront définitivement perdues (les zones «brulées» resteront blanches).
«Exposer à droite» ses RAW (sur-exposer correctement ses photos) permet de reproduire le principe utilisé pour les enregistrements sonores : maximiser les informations enregistrée, afin d'avoir le niveau de bruit le plus faible possible dans les basses-lumières, tout en veillant à ne pas saturer les hautes-lumières.
Lors du développement de l'image RAW, on pourra retrouver le niveau d’exposition réel de l’image, mais avec un meilleur niveau qualitatif que si la photo avait été exposée normalement, ou pire, si elle avait été sous-exposée.
Bien
sur
ces
raisonnements
ne
sont
pas
valables
pour
les
photos
prises
directement
au
format
JPEG.
Dans
ce
cas
là,
comme
la
photo
est
«figée»
dans
un
format
moins
riche
que
le
format
RAW,
il
convient
de
poser
«juste»,
car
il
est
très
difficile
de
rattraper
la
photo
après
coup
si
celle-ci
a
été
sous
ou
sur-exposée.
Cela montre un des avantages de photographier au format RAW, j'aurai l'occasion de revenir sur ce sujet.